Critique : Kusan: City of Wolves (Nintendo Switch)

Kusan: City of Wolves est un jeu d'action aussi élégant que gratifiant, offrant des combats exigeants qui récompensent l'habileté, une atmosphère cyberpunk captivante et une présentation soignée. Il pourrait bien devenir votre prochain jeu impitoyable favori.

Mise en contexte

Kusan: City of Wolves nous transporte dans une métropole cyberpunk dystopique, sombre et crasseuse, illuminée par les néons, où la corruption, le crime organisé et une violence incessante font désormais partie du quotidien. Les joueurs incarnent Jin à travers plus de 54 niveaux conçus à la main, aussi exigeants qu’impitoyables. Ancien soldat d’élite devenu mercenaire, il est chargé de protéger Haru, une mystérieuse jeune fille dont les pouvoirs extraordinaires en ont fait la cible de nombreuses factions dangereuses. En mêlant des thèmes familiers comme la vengeance, la rédemption et la loyauté à une esthétique cyberpunk assumée, le jeu puise son inspiration dans les films d’action et les jeux de tir nerveux tels que Hotline Miami et Ruiner. Le résultat est un jeu d’action en vue de dessus exigeant qui récompense la précision, la réflexion tactique et une exécution irréprochable lors de chaque affrontement.

Le jeu est sorti le 30 juillet 2026 et est offert sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch. La version Nintendo Switch a été utilisée pour les besoins de cette critique.

Je tiens également à remercier CIRCLEfromDOT et PQube de m’avoir fourni une copie du jeu ayant servi à réaliser ce test. Cette clé m’a été remise dans le cadre d’une collaboration avec Keymailer.

Graphismes

Kusan: City of Wolves m’a immédiatement impressionné par sa présentation cyberpunk impeccable. Chaque niveau est baigné de néons et regorge d’environnements urbains sombres, allant de ruelles détrempées par la pluie et d’entrepôts abandonnés à des complexes industriels et des quartiers rongés par la criminalité. Plutôt que de miser sur le photoréalisme, le jeu adopte une perspective en vue de dessus ainsi qu’un style artistique minimaliste et pixelisé qui capture efficacement l’atmosphère lugubre de son univers dystopique. Ce choix esthétique laisse une grande place à l’imagination du joueur.

Les modèles de personnages sont bien réalisés et les animations demeurent fluides tout au long des affrontements. Les mouvements de Jin sont précis et réactifs, tandis que les éliminations d’ennemis, les explosions, les éclairs de bouche à feu et les nombreux effets visuels confèrent à chaque échange de tirs une intensité digne d’un film d’action. Malgré le rythme effréné de l’action, l’écran ne paraît presque jamais encombré, ce qui m’a permis de rester concentré sur le chaos qui se déroulait autour de moi.

Compte tenu des limites bien connues de la Nintendo Switch, j’ai joué à Kusan: City of Wolves sur ma Nintendo Switch 2, malgré l’absence d’une version native pour cette console. Comme on pouvait s’y attendre, le jeu fait quelques concessions sur le plan visuel, notamment avec des textures plus douces et une légère perte de netteté par rapport aux versions offertes sur des plateformes plus puissantes. Malgré tout, sa présentation demeure très convaincante. Que ce soit en mode portable ou en mode téléviseur, son esthétique cyberpunk distinctive demeure intacte, offrant une expérience visuellement captivante, peu importe la façon dont vous choisissez d’y jouer.

Je suis également heureux de confirmer que les performances sont généralement très fiables. La majeure partie de la campagne se déroule avec une belle fluidité, bien que j’aie remarqué quelques baisses occasionnelles du taux de rafraîchissement lors des affrontements les plus intenses, où les ennemis, les explosions et les effets de particules se multiplient à l’écran. Heureusement, ces ralentissements demeurent brefs et n’ont jamais été suffisamment importants pour nuire à mon plaisir.

En effet, Kusan: City of Wolves démontre qu’une direction artistique forte peut avoir autant d’impact que des prouesses techniques de pointe. Même si la version Nintendo Switch doit composer avec quelques compromis techniques, elle préserve avec succès l’identité cyberpunk du jeu et offre une expérience visuellement captivante du début à la fin. Pour ma part, je compte assurément me procurer ce titre sur d’autres plateformes.

Jouabilité

La jouabilité est sans conteste le plus grand point fort de ce titre. Dès la mission d’ouverture, j’ai été immédiatement plongé dans des affrontements rapides et intenses qui mettaient constamment à l’épreuve mes réflexes, ma précision et ma capacité à m’adapter en un instant. Me lancer dans la bataille sans stratégie menait presque toujours à une mort rapide, m’obligeant à analyser la position des ennemis, à ajuster mon approche à chaque affrontement et à exécuter mon plan avec soin. Bien que le jeu puisse se montrer impitoyable, chaque défaite me donnait envie de m’améliorer plutôt que de me décourager.

L’arsenal de Jin demeure appréciable tout au long de la campagne grâce à sa grande variété d’armes et de compétences. Que j’utilise un puissant fusil à pompe, un fusil de précision ou une arme automatique à cadence élevée, chacune possède ses propres forces et encourage une approche différente du combat. Son bras mécanique ainsi que ses attaques au corps à corps ajoutent une couche de profondeur supplémentaire, me permettant de passer naturellement des affrontements rapprochés aux échanges de tirs à distance. Le déverrouillage de nouvelles armes et aptitudes renouvelle constamment l’expérience, puisque j’expérimentais régulièrement de nouveaux équipements afin de surmonter des affrontements de plus en plus exigeants.

La diversité des ennemis contribue également grandement à maintenir l’intérêt des combats. Chaque type d’adversaire représente un défi distinct qui m’oblige à adapter mes tactiques plutôt qu’à répéter la même stratégie. Certains ennemis foncent agressivement sur ma position, tandis que d’autres privilégient les attaques à distance ou nécessitent une approche plus méthodique pour être vaincus. Cette variété fait en sorte que chaque échange de tirs demeure dynamique et satisfaisant du début à la fin.

Un autre aspect que j’ai particulièrement apprécié est le système de compétences, qui est très généreux. Malgré le niveau de difficulté élevé, les sauvegardes fréquentes réduisent considérablement la frustration en me repositionnant juste avant le prochain affrontement plutôt qu’en m’obligeant à recommencer de longues sections. Le résultat est une boucle de progression basée sur les essais et les erreurs particulièrement gratifiante, où chaque échec devient une précieuse occasion d’apprendre.

J’ai également été impressionné par la qualité de l’assignation des commandes sur ma Nintendo Switch 2. Que je joue en mode portable ou avec une manette lorsque la console est connectée au téléviseur, les déplacements demeurent fluides et la visée reste naturelle. Même durant les affrontements les plus chaotiques, les commandes ne m’ont jamais nui, me permettant de consacrer toute mon attention à l’action qui se déroulait à l’écran.

Histoire

Bien que Kusan: City of Wolves soit résolument axé sur sa jouabilité, j’ai trouvé son récit suffisamment captivant pour maintenir mon intérêt tout au long de la campagne. Se déroulant dans une métropole cyberpunk sombre où la corruption, le crime organisé et la violence dictent le quotidien, l’histoire suit Jin, un ancien soldat d’élite devenu mercenaire, engagé pour protéger Haru, une mystérieuse jeune fille dont les capacités extraordinaires ont attiré l’attention de plusieurs factions influentes. Ce qui semble d’abord être une simple mission de protection évolue progressivement vers une intrigue beaucoup plus complexe, ponctuée de conspirations, de trahisons et de révélations qui redéfinissent constamment les enjeux.

Le scénario reprend plusieurs des thèmes emblématiques du genre, notamment la vengeance, la rédemption, le sacrifice, la loyauté et les abus de pouvoir. Plutôt que de chercher à déconstruire les conventions du cyberpunk, le jeu les assume pleinement en puisant son inspiration dans le cinéma d’action et les œuvres dystopiques afin de créer un univers à la fois crédible et dangereux. Même si les amateurs du genre reconnaîtront sans doute certains rebondissements prévisibles, je n’ai jamais eu l’impression que cela nuisait à l’expérience. Au contraire, ces éléments offrent une base solide qui permet aux personnages et à l’action d’occuper l’avant-plan.

Ce qui m’a le plus marqué est l’évolution de la relation entre Jin et Haru. Voir leur lien se développer de façon naturelle au fil de l’aventure m’a donné une véritable raison de me soucier de leur sort, au-delà du simple objectif d’atteindre la mission suivante.

Les personnages secondaires contribuent eux aussi à enrichir l’univers du jeu. Syndicats criminels, mercenaires rivaux, intérêts corporatifs et mystérieux individus participent tous à façonner le récit, renforçant l’impression que Kusan City est une métropole vivante animée par des intérêts et des ambitions opposés.

Même si tous les personnages secondaires ne bénéficient pas d’un développement approfondi, la plupart remplissent efficacement leur rôle et contribuent au conflit principal. À quelques reprises, j’aurais aimé en apprendre davantage sur certains individus et certaines factions, plusieurs possédant un potentiel suffisamment intrigant pour mériter davantage de temps à l’écran ou de futures extensions scénaristiques.

Le rythme narratif constitue également l’un des points forts du jeu. Les cinématiques sont concises et particulièrement soignées sur le plan de la mise en scène, les échanges de dialogues demeurent pertinents et l’exposition est livrée avec efficacité, sans jamais s’éterniser. Les développeurs comprennent clairement que le gameplay demeure l’attraction principale et utilisent les séquences narratives pour apporter le contexte nécessaire et une motivation émotionnelle avant de replonger rapidement le joueur dans l’action. Le résultat est une campagne au rythme remarquablement bien maîtrisé, qui ne souffre jamais d’interruptions cinématiques excessives.

Musique et conception sonore

Bien que Kusan: City of Wolves ne propose pas de doublage, je n’ai jamais eu l’impression que l’expérience en souffrait. Les séquences narratives reposent sur des dialogues présentés sous forme de texte et sur une mise en scène visuelle expressive, laissant à la bande sonore, menée par l’artiste hip-hop Loptimist, ainsi qu’à l’ambiance sonore environnementale, le soin de porter une grande partie de l’expérience. Le résultat est un ensemble cohérent qui conserve toute sa fraîcheur, même après plusieurs tentatives.

Dans l’ensemble, le jeu offre une excellente expérience sonore. Sa trame musicale énergique, ses effets sonores percutants et son ambiance environnementale immersive se combinent pour intensifier chaque affrontement tout en renforçant l’atmosphère dystopique du jeu. Sans chercher à réinventer les codes sonores du cyberpunk, l’ensemble accompagne constamment aussi bien l’action que le récit, ce qui en fait l’un des aspects les plus soignés de cette production.

Conclusion

Kusan: City of Wolves est un jeu d’action maîtrisé et particulièrement satisfaisant qui sait exactement ce qu’il aspire offrir. Plutôt que de compliquer inutilement sa formule, il mise sur des combats précis, exigeants et axés sur les compétences du joueur, le tout dans un univers cyberpunk élégant qui demeure visuellement saisissant et constamment captivant. Chaque élément, des commandes réactives et de la progression gratifiante jusqu’à sa bande sonore entraînante et son récit engageant, s’assemblent pour créer une expérience dont il est difficile de se détacher.

Le jeu offre des performances fiables tout en mettant en valeur sa direction artistique distinctive. Il se révèle tout aussi agréable à jouer en mode portable que lorsque la Nintendo Switch 2 est connectée au téléviseur. Sa boucle de jouabilité, à la fois exigeante et équitable, m’a constamment poussé à perfectionner mes habiletés, tandis que son histoire, bien rythmée, m’a offert suffisamment de motivation pour accompagner Jin jusqu’au terme de son aventure.

Si vous êtes admirateur de jeux de tir en vue de dessus et d’univers cyberpunk, alors Kusan : City of Wolves est une recommandation évidente. Il ne cherche peut-être pas à réinventer le genre, mais il exécute ses idées avec beaucoup d’assurance et laisse une impression durable, au point de me donner très hâte de découvrir le prochain projet de CIRCLEfromDOT.

Picture of Michel Castilloux

Michel Castilloux

Créateur de contenu du Québec traitant d'actualités, tests, textes d'opinion, entrevues et concours. Marié et papa de deux petits monstres. Michel est constamment plongé dans une nostalgie profonde pour des dessins animés japonais des années 80 et 90.