Lorsque j’ai découvert Anomaly President pour la première fois, j’ai immédiatement été intrigué par son concept pour le moins inhabituel. Combiner une campagne présidentielle avec un jeu d’action rogue-like au rythme effréné n’est pas exactement le genre de formule que je rencontre tous les jours. Au départ, je n’étais pas certain que ces deux idées allaient bien fonctionner ensemble ou qu’elles donneraient simplement l’impression d’être deux jeux distincts réunis de force. Après y avoir consacré plusieurs heures, j’ai toutefois été agréablement surpris de constater à quel point les différents éléments s’intègrent naturellement les uns aux autres.
Développé par Phew Phew Games, Anomaly President me place dans la peau d’un candidat à la présidence déterminé à défier un président corrompu et autoritaire. Mon parcours se divise en deux parties distinctes. Durant la journée, je me concentre sur ma campagne électorale, j’interagis avec les citoyens, je gère mes ressources et j’améliore mon quartier général mobile. Une fois la nuit tombée, cependant, la campagne politique prend une tournure beaucoup plus violente. Je laisse alors les activités électorales de côté pour affronter des ennemis de plus en plus dangereux à l’aide d’un assortiment d’armes, de capacités et d’améliorations.
Cette structure basée sur l’alternance entre le jour et la nuit est l’un des premiers éléments qui m’a marqué. Plutôt que d’utiliser simplement le contexte politique comme toile de fond, les développeurs l’ont directement intégré à la boucle de gameplay. Ma campagne n’est donc pas qu’un élément secondaire qui se déroule en arrière-plan : les décisions que je prends et les améliorations que je débloque peuvent influencer la manière dont j’aborde les affrontements qui suivent.
Mon autobus de campagne sert de quartier général entre les différentes missions. C’est ici que je peux assigner les Fluffies à différentes pièces, améliorer divers aspects de ma campagne et débloquer des bonus utiles. Ces petites créatures peuvent sembler n’être qu’un simple ajout humoristique au premier abord, mais elles deviennent rapidement un élément important de la progression.
Ce que j’apprécie le plus dans le concept, c’est que le jeu ne se prend jamais trop au sérieux. L’ensemble du jeu adopte un humour exagéré et absurde. Les campagnes électorales, les affrontements contre les forces corrompues et la gestion de ma propre campagne sont tous présentés avec suffisamment de personnalité pour que l’expérience ne paraisse que rarement générique.
Au final, le jeu ne réinvente pas nécessairement les genres rogue-like ou action, mais il combine des idées familières d’une manière qui lui donne une personnalité bien distincte.
Je tiens également à remercier Phew Phew Games pour avoir fourni la clé Steam utilisée pour tester le jeu. Cette clé a été obtenue dans le cadre d’une collaboration avec Keymailer.
D’un point de vue visuel, Anomaly President affirme immédiatement sa propre identité. Le jeu utilise un style pixel art coloré en 2,5D qui combine une esthétique rétro avec des effets visuels plus modernes. Cette approche fonctionne particulièrement bien puisqu’elle permet aux développeurs de créer un univers qui évoque la nostalgie sans pour autant sembler dépassé.
J’ai particulièrement apprécié les environnements inspirés du cyberpunk. Les néons, l’architecture futuriste, les enseignes colorées et les décors nocturnes plus sombres donnent au monde une atmosphère très marquée. J’ai également aimé le contraste entre les zones de campagne électorale plus lumineuses et les environnements plus dangereux que j’explore durant les missions nocturnes.
Ce contraste n’est pas uniquement esthétique. J’ai trouvé qu’il contribue à renforcer les deux phases distinctes du gameplay. Durant la journée, le monde semble relativement sécuritaire et amusant, ce qui correspond bien à l’ambiance de la campagne politique. La nuit, les environnements plus sombres et l’éclairage plus intense rendent l’univers beaucoup plus hostile.
La conception des personnages constitue également une grande partie du charme du jeu. Les personnages sont exagérés, colorés et souvent volontairement ridicules. Plutôt que d’essayer de rendre le contexte politique réaliste, les développeurs ont créé un monde où l’absurde est totalement assumé. À mon avis, il s’agit du bon choix artistique, puisqu’un style visuel plus réaliste aurait probablement été en contradiction avec l’humour du jeu.
Les combats sont particulièrement impressionnants sur le plan visuel. Les armes possèdent des animations distinctes, les ennemis réagissent aux attaques et les capacités spéciales produisent des effets visuels impressionnants sans complètement surcharger l’écran. Lors des affrontements les plus chaotiques, plusieurs ennemis peuvent m’attaquer simultanément tandis que différents effets apparaissent autour du champ de bataille. Malgré cela, je reste généralement capable de comprendre ce qui se passe autour de moi.
J’ai également apprécié l’attention portée aux environnements. Même si le jeu ne cherche pas à rivaliser avec les productions AAA modernes en matière de fidélité graphique, les décors sont suffisamment détaillés pour donner à chaque endroit sa propre personnalité. Le style pixel art permet aux développeurs de mettre davantage l’accent sur l’atmosphère et la direction artistique plutôt que sur la complexité technique.
J’ai tout de même remarqué certaines limites au niveau de la présentation. Quelques animations pourraient être plus fluides et certains éléments de l’interface pourraient bénéficier d’un peu plus de finition. Comme le jeu est encore en accès anticipé, ces problèmes demeurent toutefois relativement mineurs.
Au final, ce qui m’a le plus impressionné n’est pas nécessairement la qualité technique des graphismes, mais plutôt leur cohérence. Anomaly President possède une identité visuelle facilement reconnaissable et j’ai immédiatement compris que je jouais à un jeu développé avec une vision artistique très précise.
La jouabilité est de loin l’aspect qui m’a le plus impressionné dans le jeu.
Les sections nocturnes transforment le jeu en un rogue-like d’action au rythme effréné, où je dois affronter des vagues d’ennemis tout en gérant mes armes, mes capacités et mon positionnement. Chaque partie me donne l’occasion d’améliorer mon personnage et d’expérimenter différentes combinaisons.
Le système de combat accorde une grande importance au synchronisme. Je peux esquiver les attaques ennemies, mais éviter les dégâts n’est pas toujours la meilleure stratégie. Apprendre les habitudes d’attaque des ennemis et réussir à parer leurs coups peut me donner un avantage considérable.
C’est l’une des mécaniques que j’ai le plus appréciées. Lorsque je réussis à parer une attaque, à briser la posture d’un ennemi et à enchaîner immédiatement avec une attaque puissante, les combats deviennent particulièrement satisfaisants et réactifs. Ces moments me donnent l’impression de réellement m’améliorer plutôt que de simplement devenir plus puissant grâce aux améliorations.
La variété des armes contribue également à garder les combats intéressants. Je peux expérimenter avec des épées, des pistolets, des marteaux et d’autres armes, chacune modifiant ma façon d’aborder les affrontements. Certaines armes encouragent les combats agressifs au corps à corps, tandis que d’autres me permettent de maintenir une plus grande distance avec mes ennemis.
Le système d’anomalies ajoute une autre couche de personnalisation. Au fur et à mesure que je progresse, je peux obtenir différentes capacités qui influencent les performances de mon personnage. Vaincre les boss peut également me permettre d’obtenir des pouvoirs d’anomalie permanents, ce qui constitue une motivation supplémentaire pour affronter les combats les plus difficiles.
Ce que j’aime particulièrement avec ce système, c’est qu’il encourage l’expérimentation. Plutôt que d’essayer simplement de trouver une configuration universellement puissante, je peux essayer différentes combinaisons et voir comment elles interagissent entre elles.
La structure rogue-like fonctionne également très bien pour la rejouabilité. Chaque partie me donne une nouvelle occasion d’améliorer mes performances, d’expérimenter une nouvelle configuration ou simplement de voir jusqu’où je peux progresser. Même lorsqu’une partie ne se déroule pas comme prévu, j’en ressors généralement avec une meilleure compréhension des mécaniques du jeu.
Le système de campagne offre un contraste intéressant avec les combats.
Durant la journée, je peux me concentrer sur l’augmentation de mon soutien politique, interagir avec différents personnages et améliorer mon autobus de campagne. Assigner les Fluffies aux différentes pièces ajoute une légère dimension de gestion qui me donne quelque chose d’intéressant à faire entre les différentes parties.
J’ai trouvé cet aspect particulièrement utile, puisqu’il empêche l’expérience de devenir trop répétitive. Si Anomaly President consistait uniquement à enchaîner des affrontements générés de manière procédurale, sa formule pourrait devenir prévisible beaucoup plus rapidement. Les sections consacrées à la campagne me donnent l’occasion de ralentir le rythme, de prendre des décisions et de me préparer pour la prochaine partie.
Je peux toutefois comprendre pourquoi certains joueurs pourraient moins apprécier ces sections. Si je recherchais exclusivement un rogue-like d’action, je pourrais considérer les éléments de gestion politique comme une interruption du rythme. Personnellement, je pense cependant qu’ils contribuent énormément à l’identité du jeu.
Le système de combat n’est pas parfait. J’ai parfois remarqué certaines incohérences au niveau de la détection des coups et des réactions des ennemis. De plus, certains affrontements peuvent commencer à sembler répétitifs après avoir joué pendant une longue période. La variété des ennemis est également un aspect que j’aimerais voir davantage développé dans les prochaines mises à jour.
Je pense aussi que le jeu pourrait bénéficier de quelques ajustements supplémentaires au niveau de sa courbe de difficulté. Certains affrontements peuvent sembler beaucoup plus exigeants que d’autres, particulièrement lorsque plusieurs ennemis m’attaquent simultanément.
Malgré cela, la boucle de jouabilité fondamentale demeure très solide. J’ai constamment l’impression d’avoir quelque chose à accomplir, que ce soit améliorer ma campagne, débloquer une nouvelle capacité, expérimenter avec une arme différente ou simplement tenter de dépasser ma performance précédente.
L’histoire de Anomaly President est tout aussi peu conventionnelle que sa jouabilité.
J’incarne un candidat à la présidence qui tente de renverser un président autoritaire pour finalement prendre sa place. Ce concept aurait pu être utilisé pour créer un thriller politique sérieux, mais les développeurs ont plutôt choisi d’assumer pleinement la satire et l’humour absurde.
Personnellement, je pense qu’il s’agit du bon choix.
L’histoire me rappelle constamment que je ne suis pas censé prendre le contexte politique au sérieux. Les personnages sont exagérés, les situations deviennent de plus en plus ridicules et le jeu n’hésite pas à se moquer du monde des campagnes électorales.
J’ai particulièrement apprécié la façon dont le jeu transforme le processus visant à obtenir des votes en quelque chose de complètement inhabituel. Plutôt que de simplement prononcer des discours et serrer des mains, je me retrouve à participer à des situations et à des activités pour le moins étranges afin d’augmenter mon soutien auprès de la population.
Malgré l’humour, une histoire plus personnelle se cache tout de même derrière l’ensemble. Le lien du protagoniste avec le conflit principal ainsi que le mystère entourant son père donnent un peu plus de profondeur émotionnelle au récit. Cela me donne une raison de continuer à progresser qui va au-delà du simple désir de vaincre le prochain boss.
Les personnages contribuent également beaucoup à la personnalité du jeu. Leurs personnalités exagérées correspondent parfaitement au ton général et contribuent à rendre l’univers plus vivant. Certaines interactions sont volontairement ridicules, mais j’ai trouvé qu’elles s’intégraient naturellement à l’univers du jeu.
La principale limite vient du fait que le jeu est toujours en accès anticipé. Comme l’histoire n’est pas encore terminée, je ne pense pas qu’il serait juste de considérer la version actuelle comme l’expérience narrative définitive.
En ce moment, je la décrirais plutôt comme une distraction agréable qu’une profonde réflexion. Je ne pense pas que le jeu cherche à me raconter une histoire politique particulièrement complexe. Il utilise plutôt son contexte politique comme base pour créer de l’humour, de l’action et des interactions entre les personnages.
Et honnêtement, je pense que cela fonctionne. L’histoire sait exactement quel genre de jeu elle est, et cette conscience de soi rend son absurdité beaucoup plus agréable.
La musique est un autre aspect de Anomaly President que j’ai trouvé particulièrement réussi.
La bande sonore s’appuie fortement sur des influences électroniques et synthwave, qui correspondent parfaitement au style visuel inspiré du cyberpunk. Dès les premières minutes de jeu, j’ai eu l’impression que la musique contribuait efficacement à établir cette atmosphère rétro-futuriste.
Les morceaux qui accompagnent les combats sont particulièrement efficaces. Lorsque je suis entouré d’ennemis et que je dois gérer le timing de mes attaques et de mes parades, la musique électronique énergique ajoute une autre couche d’intensité aux affrontements. Elle permet également d’éviter que les combats répétitifs donnent l’impression d’être complètement mécaniques.
J’apprécie aussi la façon dont la bande sonore s’adapte aux différentes phases du gameplay. Les sections consacrées à la campagne électorale possèdent généralement une ambiance plus détendue, tandis que les missions nocturnes proposent une musique plus agressive et énergique.
C’est important puisque Anomaly President repose beaucoup sur le contraste. Les sections de jour sont axées sur la campagne et la gestion, alors que les sections nocturnes sont davantage centrées sur la violence et la survie. La musique renforce cette distinction sans donner l’impression que les deux parties du jeu sont déconnectées.
Les effets sonores sont également généralement réussis. Les armes possèdent des sons distincts, les attaques ont suffisamment d’impact pour rendre les combats satisfaisants et les capacités d’anomalie possèdent leur propre identité sonore.
J’ai toutefois parfois eu l’impression que certaines attaques auraient pu bénéficier d’un retour sonore plus marqué. Dans un jeu où la parade et le timing sont aussi importants, le son joue un rôle essentiel pour indiquer si une attaque a réussi. Renforcer certains de ces effets pourrait rendre les combats encore plus réactifs.
Cela dit, il s’agit de critiques relativement mineures. Dans l’ensemble, la combinaison de musique électronique, d’effets sonores liés aux combats et de sons environnementaux fonctionne extrêmement bien avec l’identité visuelle du jeu. La bande sonore ne se contente pas d’accompagner le gameplay : elle contribue directement à la personnalité générale de l’expérience.
Après avoir passé plusieurs heures avec Anomaly President, j’en ressors beaucoup plus impressionné que je ne m’y attendais au départ.
Le concept peut sembler étrange lorsque je le décris : je me présente à la présidence durant la journée, je gère un autobus de campagne et je recrute des Fluffies, pour ensuite passer mes nuits à combattre des hordes d’ennemis à l’aide d’épées, de pistolets et de capacités surnaturelles.
Et pourtant, d’une certaine façon, ça fonctionne.
Pour moi, la plus grande force d’Anomaly President est qu’il n’essaie jamais de cacher à quel point son concept est absurde. Le jeu assume pleinement son côté déjanté et s’en sert pour proposer une expérience différente des nombreux autres rogue-like actuellement disponibles.
Les combats sont la principale raison pour laquelle j’ai continué à revenir au jeu. J’ai particulièrement apprécié l’importance accordée aux esquives, aux parades et à la destruction de la posture des ennemis. Une fois que je me suis familiarisé avec le système de combat, les affrontements sont devenus beaucoup plus satisfaisants, puisque je ne me contentais plus d’attaquer tout ce qui se trouvait devant moi. J’apprenais les habitudes des ennemis et je devais prendre des décisions réfléchies concernant le moment où attaquer et celui où me défendre.
Le système de progression me donne également de nombreuses raisons de continuer à jouer. Les armes, les pouvoirs d’anomalie, les améliorations et l’autobus de campagne contribuent tous à créer une véritable impression de progression qui dépasse largement le cadre d’une seule partie.
Visuellement, le jeu se démarque tout autant. Son style pixel art coloré en 2,5D, ses environnements cyberpunk et ses personnages aux designs exagérés lui donnent une identité très forte. La bande sonore inspirée de la synthwave complète parfaitement cette direction artistique et ajoute beaucoup d’énergie aux combats.
Les principales faiblesses sont toutefois largement compréhensibles compte tenu du statut du jeu en accès anticipé. J’ai rencontré quelques incohérences au niveau de la détection des coups et des réactions des ennemis, tandis que la variété de ces derniers pourrait éventuellement bénéficier de contenu supplémentaire. L’histoire est également incomplète, ce qui signifie qu’une partie de son potentiel narratif reste encore à découvrir.
Malgré cela, je trouve que les fondations sont très solides.
Ce qui m’a finalement convaincu par rapport à Anomaly President, c’est qu’il ne donne pas l’impression d’être une simple collection de mécaniques sans lien entre elles. La campagne, les systèmes de gestion, la progression et les combats s’intègrent tous dans une même boucle de jouabilité. Je fais campagne durant la journée, j’améliore mon organisation, je me prépare pour le prochain défi, puis je pars affronter mes ennemis durant la nuit.
C’est une structure inhabituelle, mais elle me donne une véritable raison de continuer à jouer.
Je ne recommanderais pas encore Anomaly President à quelqu’un qui recherche une expérience complètement terminée et peaufinée. La mention d’accès anticipé est importante, et le jeu a clairement encore besoin d’ajustements au niveau de l’équilibrage, du contenu et de la finition.
Cependant, pour les joueurs qui apprécient les rogue-like d’action et qui ne voient pas d’inconvénient à soutenir un jeu pendant qu’il continue d’évoluer, je pense qu’il y a déjà beaucoup de choses à apprécier.
Anomaly President ne réinvente pas le genre, mais il n’en a pas besoin. Sa plus grande réussite est de prendre des mécaniques familières des rogue-like et de les intégrer à un univers politique complètement déjanté qui leur donne une personnalité bien à lui.
J’ai commencé Anomaly President en m’attendant à découvrir une curiosité divertissante. J’en ressors plutôt avec l’impression qu’il y a réellement un bon jeu derrière ce concept absurde, et je suis curieux de voir à quel point il pourra s’améliorer au fur et à mesure que son développement se poursuivra.
Dans sa version actuelle en accès anticipé, Anomaly President est disponible sur Steam au prix de 17,99 $ CA, ici.





Créateur de contenu du Québec traitant d'actualités, tests, textes d'opinion, entrevues et concours. Marié et papa de deux petits monstres. Michel est constamment plongé dans une nostalgie profonde pour des dessins animés japonais des années 80 et 90.